Pour ne pas oublier

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moulino51
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Re: Pour ne pas oublier

Message par moulino51 » lun. 7 déc. 2020 11:12

Et si la pensée magique était tout simplement la positive attitude :?:



"On ne vient pas de nulle part et serait souhaitable qu'on n'aille pas n'importe où !"
Louis Leroux
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Re: Pour ne pas oublier

Message par Louis Leroux » lun. 7 déc. 2020 20:10

Je sais, je sent qu'il y a quelque chose de cet ordre. On a pas tous le même lexique et le même parcours mais oui, il devient indispensable de se tourner vers ce qui élève et dénoue. Mais ça ne peut pas être une injonction ou une posture intellectuelle. Positive attitude, oui pourquoi pas!

Globalement, mon environnement mental repose sur l'expérience du combat quotidien à mener pour "tenir un avant poste". Les deux pieds, les deux mains dans la terre dans l'cambouis à brasser du cailloux et des projets de résilience locale.
J'attends la relève, plus jeune, plus fraîche, plus joyeuse, n'ayant pas eu à batailler sur des positionnements dérisoires et tout compte fait pas si importants.
Pour être plus clair, j'ai croisé pas mal de gens à peine plus âgés que moi qui étaient amers, abattus, n'arrivant plus à voir les choses qui avancent finalement, les choses positives simplement d'avoir eu à trop lutter au Larzac, à Plogoff ou ailleurs et de ne plus avoir la force intérieure pour chercher la lumière dont tu parles Grégoire. Beaucoup de ces gens ont le sentiment d'avoir perdu et de s'être perdu, à juste titre d'ailleurs.

Si on arrive à prendre un tout petit peu de hauteur et de distance on sait, on voit qu'on doit lâcher prise avec le vieux monde... Mais le vieux monde s'accroche à nous, par nos crispations, nos peurs, nos colères.
Le nouveau monde est déjà là, à nous de nous rapprocher, d'entrer en fréquence, de participer à le faire émerger.

Je ne pense pas qu'on puisse à un moment être trop vieux ou vieille pour ça.
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Re: Pour ne pas oublier

Message par Gregoire Quartier » mar. 8 déc. 2020 09:30

Oui je suis d'accord. J'ai lu "bilan de faillite", de Régis Debré, qui en parle bien. Il essaie de donner des conseils à son fils qui entre dans l'age adulte, tout en lui disant que partout ou il s'est engagé, le capitalisme (pour faire court) à tout détruit et à vaincu. Lui qui a cotoyé les grandes sphères du pouvoir, il sait de quoi il parle. Il le dit avec humour, un tout petit peu d'amertume aussi, mais sans jamais perdre d'intelligence.

Ca me rappelle un ingénieur qui disait qu'on peut bien se demander pourquoi tout ne va pas si bien alors qu'on fait des efforts, mais on peut aussi se demander comment serait les choses si on n'avait jamais rien fait. En fait elles seraient surement bien pire. Peut-être que ce qu'on fait au nom de tous, on devrait plutot le faire pour soi-même en premier. Ce qu'on fait pour la Terre, on le fait en fait pour son jardin. On ne devrait peut-être jamais vouloir dépasser ce qui est en notre pouvoir, et le faire si bien que d'autres se disent que ca devrait être super de le faire pour eux-mêmes. Et laisser les puissances du mal (pour faire court) faire leur travail.

J'aimerais bien une fois organiser un débat sur le thème "Comment mettre la joie au centre de l'activité militante". La dépression est tellement présente dans le militantisme. Peut-être parce qu'on agit par colère au lieu de par la joie? Par envie de vaincre au lieu de vivre? Je me pose la question.

A quoi sert-il d'être en colère contre ce qui est au delà de nous? Ma prof de Zen m'a dit un jour "accepte le réel" quand j'étais victime de mobbing à mon travail et que je l'avais contacté pour savoir comment réagir, perdu que j'étais. C'est très facile à dire comme ca, mais une fois qu'on accepte le réel, on peut choisir de se plaindre ou d'agir. Et l'action a au moins ce bon côté de nous rendre fier de ce qu'on construit et de ne pas nous faire penser à ce qui nous énerve pendant qu'on le fait, si on le fait pour qqchose, et pas contre qqchose. Mais c'est peut-être juste une façon de me dédouaner de mon impuissance aussi...
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Re: Pour ne pas oublier

Message par Louis Leroux » sam. 12 déc. 2020 22:36

49-20
Le facteur limitant du militant... Militant, militantisme ça vient de militaire celui qui combat qui fait la guerre donc pas vraiment surprenant que le terme même véhicule tellement de souffrance et de dépression.

Un autre mot en parallèle serait à questionner c'est celui de devoir, plus trop usité de nos jours il reste néanmoins ancré dans le discours martial de la police, de l'armée, des pompiers, des chefs d'état, etc.
Faire son devoir: Ce qu'on doit faire, ce à quoi l'on est obligé par la loi ou par la morale, par son état ou les bienséances...Être, rentrer dans son devoir, dans la soumission, le respect, l'obéissance où l'on doit se tenir(source Littré).
Mais le terme est ambigu car il exprime aussi quelque chose de profond auquel on obéit, se mettre en devoir, être à son devoir.

Les militants(tes) activistes de Greenpeace, de Sea Shepherd, d'Extinction Rébellion et autres ils sont dans quoi? Un combat pour le moins (encore un mot guerrier) et si tous n’emploieraient pas forcément le terme de devoir je suis porté à croire qu'ils agissent souvent par conviction profonde de :C'est ça que j'ai à faire
Les trois mouvements que je site on chacun leur stratégie et leurs moyens d'action, ils ne sont pas forcément tous et toutes en accord mais même s'il est lointain et parfois improbable, il y a un point de convergence.

Je veux dire par là que ce qui me parait important c'est de questionner ou est notre place, de tout faire pour s'en rapprocher au plus juste, de la questionner régulièrement cette place et de ne pas avoir peur de dire, de se dire: je me suis trompé, je passe à autre chose. Essayé de ne pas trop se mentir en jouant au bon petit soldat.

C'est la multiplicité des entrées, des approches, des tentatives qui peuvent nous aider. Certains(es) ont besoin d'agir au sein de grands mouvements tant que d'autres préfèrent le maquis (encore une référence de combat) ou la yourte et le potager. Quelques uns(es)font même le choix d'être dans les trois en même temps.
Nous avons encore un accès relativement libre à internet et pour qui cherche un peu accès donc à un foisonnement d'exemples à suivre (ou pas)qui donne à pressentir un vaste mouvement de fond.

Nous vivons collectivement un moment de profond traumatisme ou beaucoup tel la femme de Loth se transforment en statue de sel face au danger et aux injonctions.
Je rejoins Grégoire: tournons-nous résolument vers ce qui élève, nous fait du bien et nous rend digne.

https://www.youtube.com/watch?v=Q-nVpxxSv_M
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Re: Pour ne pas oublier

Message par Gregoire Quartier » dim. 13 déc. 2020 16:55

Oui c'est intéressant de relever ce mot "devoir". Quel est "son devoir", dans une société individualisante? Est-ce que cette expression ne vient pas d'un âge où l'on avait conscience des interdépendances de chacun?
Aujourd'hui, comme tout est "magique" (comprendre : on ne sait plus comment sont faites les choses qu'on consomme), quel est notre devoir?

Au niveau des multiplicités de forme d'action (et de pensée), je suis totalement pour. Je me questionnais il y a quelques jours sur les mots "ordre" et "désordre". Je me suis demandé si on pouvait appliquer ces mots à la politique de gauche (pour le désordre) et de droite (pour l'ordre).

Etymologiquement, "désordre", c'est le contraire de cette définition de wikipedia :

(1080) Du latin ordo (« rang, rangée ; classe de citoyens, succession ; distribution régulière ») avec un \r\ épenthétique. Le sens d’« ordre religieux » fut premier. Le sens d’« arrangement logique » apparaît en 1155.

Le rapport à la "classe de citoyen" va dans le sens de mon intuition.

Je me suis demandé aussi si cette capacité du capitalisme de tout récupérer et d'en faire un commerce, ne vient pas du manque de diversité des forces du désordre. Au lieu d'ordonner la contestation pour la rendre plus forte, il faudrait plutôt la rendre si incontrôlable que les forces de l'ordre (et je pense pas qu'aux policiers, mais aussi ceux qui aiment l'ordre) soient au final toujours en réaction à la créativité des autres.
Au final, je crois que comme la vie, il ne faut pas retenir des pensées qui veulent se mettre en action, et cultiver l'intention sans cadrer la forme. Ainsi l'ordre n'aura plus de prise sur le désordre. Notre monde s'est tellement ordonné pour augmenter sa capacité productive, qu'un peu de désordre ne ferait pas de mal, je crois.
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